"Nous sommes du sprint, nous entrons dans le marathon"



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Hôpital: "Nous sommes du sprint, nous entrons dans le marathon"

Si la saturation des hôpitaux a jusqu'à présent été évitée, c'est grâce à des contraintes drastiques qui ont permis d'équilibrer la courbe de contamination. Mais aussi aux stratégies mises en œuvre par les structures hospitalières et aux ressources extraordinaires dépensées par le personnel soignant – malgré la pénurie chronique de personnel due au financement insuffisant des hôpitaux.

Les médecins et les infirmières se disent prêts à continuer de traiter Covid-19 et un nouvel afflux possible de patients après avoir progressivement éliminé la décontamination. Ils admettent également l'épuisement après deux mois de travail intense.

"Nous sommes sortis du sprint, nous entrons dans le marathon", illustre le Dr Philippe Devos, responsable des soins intensifs au CHC Liège et PDG de l'Association belge des unions médicales (Absym). "Nous savons que nous devrons vivre avec Covid pendant longtemps." Nous nous préparons à cela et encourageons les employés à se remettre et à partir parce que ce que nous faisons depuis six semaines n'a pas été durable tout au long de l'année. Vous devez comprendre que l'administration Covid fait de gros efforts physiquement. Vous devez vous concentrer sur chaque geste que vous faites, en particulier mettre et enlever des vêtements de protection, sans parler du stress psychologique et de la peur de transmettre la maladie à votre famille. Et puis ça fait six semaines, la fatigue s'est accumulée quand on a mis toutes nos vacances de côté pour qu'elles soient disponibles au plus fort de la crise. "

"Si c'est la deuxième vague, j'espère que c'est doux."

Le Dr Pierre Henin, intensiviste en chef de Jolimont, ne dit rien d'autre: "Nous sommes mentalement prêts à faire face à une crise qui durera. Nous savons que nous devrons peut-être ajuster nos activités à la déconfinance, nous espérons que s'il y a une deuxième vague, elle sera douce. Les patients couverts nécessitent des soins très particuliers, à la fois médicaux et infirmiers. Pour y faire face, au cours des deux derniers mois, nous avons réduit tous les jours fériés, rapatrié autant de personnes que possible des autres unités de soins, doublé les équipes de nuit … Les infirmières ont calculé qu'elles avaient fait plus de la moitié du temps. Nous prenons notre guérison progressivement, sinon c'est H24. "

Le niveau de la courbe que nous avons finalement atteint devrait permettre aux équipes de respirer lentement dans les semaines à venir … Les patients de Covid occupent actuellement environ un millier de lits de soins intensifs (exactement ce vendredi 979), alors que la capacité totale maximale était estimée à la fin Marche pour 1765 lits.

Pour y parvenir, les hôpitaux ont dû passer à travers les murs, par exemple en convertissant les salles de réveil en unités de soins intensifs, ce qui a parfois rendu difficile le travail des équipes. Mais grâce à ces plans d'urgence hospitaliers, la satiété n'a jamais été atteinte – même si elle a été occasionnellement pâturée, notamment au Hainaut. Habituellement, la capacité est de 800 lits pour les soins intensifs. Il transfère donc mathématiquement à 20% supplémentaires du travail, indépendamment du fait que les services de réanimation doivent pouvoir traiter d'autres pathologies.

Selon le groupe d'experts en charge de la stratégie de sortie (GEES), le nombre de lits occupés par les patients Covid devrait être inférieur à 500 afin de gérer la situation. Les hôpitaux s'attendent à continuer de s'adapter: «Il y a quelques jours, nous avons pu libérer les unités de soins Covid alors que le nombre de patients diminuait. Si la situation l'exige, nous sommes prêts à accompagner dans une autre direction », explique le Dr Lucien Bodson, coordinateur PHU CHU Liège.

Ouvrez à nouveau le didacticiel

Le marathon sera d'autant plus intense et persistant que, grâce au déclassement progressif, les hôpitaux pourront enfin accueillir d'autres patients en difficulté, notamment les malades chroniques. Unison, la profession médicale supplie cette reprise: "Nous commençons à pouvoir reprendre des patients souffrant d'autre chose que Covid: il y a un certain nombre d'autres pathologies qui sont mises en sourdine alors que les procédures électorales ont été reportées. Il y a des patients qui ont besoin de plus ou moins de sévérité interventions que nous avons tenté de supprimer pendant la phase la plus aiguë de l'épidémie », poursuit le Dr Henin.

Il en va de même pour les médecins généralistes: "Nous devons reprendre le contrôle des maladies chroniques et continuer à consulter le médecin si quelque chose est grave", souligne Paul De Munck, président du groupe belge GP, qui participe aux discussions du GEES. Le GP insiste sur le fait que, mis à part les téléconsultations pour diagnostiquer les patients atteints de Covid, aucun médecin n'a fermé son bureau, mais "la situation peut avoir conduit une partie de la population à reporter les soins, ce qui ne devrait pas être le cas".

Pour le président de la GBO, ainsi que pour ses confrères spécialistes, nous devrons tirer des leçons de la crise: «Les soignants sont prêts à poursuivre les nouvelles directives, malgré le stress et la fatigue, mais demain nous devons voir comment mieux reconnaître leur rôle. Je veux dire aussi les sauveteurs. "

Enfin, les médecins insistent pour que les patients n'aient plus peur de se rendre à leur cabinet (comme convenu) ou dans des structures hospitalières adaptées à leurs besoins: «Même au niveau du personnel, il y a de moins en moins de contamination qu'au début de l'épidémie. Je pense que le risque a été considérablement réduit dans les unités Covid, et à l'extérieur, c'est la même chose dans un supermarché que dans un hôpital », explique Philippe Devos. "Evidemment, nous ne devons pas nous demander deux fois de retourner le matériel inadapté, sinon nous aurons des ennuis. Il devra suivre. Surtout si nous rouvrons les chirurgies et les consultations demain … nous aurons besoin de beaucoup plus d'équipement qu'aujourd'hui. Cependant, nous n'avons reçu aucune garantie à ce sujet afin de pouvoir redémarrer tous les médicaments en Belgique. "

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