"Nous devons nous soucier de l'avenir."

LLeurs sports et objectifs sont différents, mais pas leurs soucis, avec un style de vie basé sur l'activité physique et un plan prévu pour des mois. Trois athlètes français de haut niveau le disent chaque semaine Le monde leur incarcération: la juge Madeleine Malonga, le cycliste Romain Bardet et le rugbyman Antoine Dupont. Le quatrième épisode de leur ordinateur portable doit être surveillé jusqu'à ce que cette mesure médicale contre l'épidémie de coronavirus soit levée.

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Romain Bardet: "J'ai du mal à croire que tout le peloton puisse recommencer en 2021"

Romain Bardet est conscient qu '"en France nous avons la chance d'avoir des partenaires solides qui n'invoquent pas au premier abord".
Romain Bardet est conscient qu '"en France nous avons la chance d'avoir des partenaires solides qui n'invoquent pas au premier abord". ALAIN JOCARD / AFP

ROMAIN BARDET, 29 ANS, ÉQUIPE DE RUNNER AG2R LA MONDIALE, PORTÉE TERMINÉE AU PODIUM TOUR DE FRANCE.

C'est difficile de voir la fin! Grâce aux soignants, nous avons réussi à éviter une immersion complète, mais nous pensons que l'emprisonnement, si cher en termes de libertés publiques, ne suffira pas. Le moral reste bon grâce à notre position privilégiée, mais il faut voir la lumière au bout du tunnel. Nous sommes à un point crucial.

Je suis en contact quotidien avec mon coach Jean-Baptiste Quiclet, par mail ou par téléphone. Nous avons deux voyages communs par semaine, ce qui nous permet de nous débarrasser de tout. La semaine prochaine, je participerai à la visite virtuelle de la Suisse avec d'autres coureurs d'équipe (avec dix-huit autres équipes, 22-26 avril), en direct à la télévision suisse: une méthode palliative qui donnera à nos sponsors un peu de visibilité pendant cette période obscurcissement.

Pour le moment nous ne sommes pas impressionnés, c'est le moins pour nos sponsors. En France, nous avons la chance d'avoir des partenaires solides qui ne s'impliquent pas dans la première difficulté (AG2R La Mondiale employée l'année dernière jusqu'en 2023). À l'étranger, je vois des équipes se séparer, des sponsors se retirer ou qui ne paient plus leurs coureurs ou leur staff. Leur système de protection n'existe pas.

Si vous êtes un coureur résidant en France, les frais sont bien sûr importants car les salaires le sont; mais nous nous rendons compte qu'en cas de crise, le système nous maintient à flot. C'est le système dans lequel j'ai grandi, donc je suis fier d'être français. La première procédure ne s'effondre pas.

L'équipe nous a concentrés sur le travail à court terme en avril. Nous avons reçu un email nous informant. En fait, rien ne change pour nous, l'équipe paie notre salaire à 100%. Jusqu'à présent, il n'a pas été question d'une éventuelle baisse des salaires; mais c'est parce que tout le monde a en tête la perspective du Tour de France et que l'essentiel peut être sauvé.

L'avenir fait l'objet de discussions entre les coureurs. À quoi ressemblera le peloton en 2021? Il m'est difficile de croire que n'importe qui peut partir, surtout les grandes équipes internationales dont les sponsors sont en fin de contrat. Si ces entreprises avaient connu une année difficile, ce serait le premier budget à sauter. Et parce qu'aucune équipe n'est formée … Dans une année normale, le climat économique est déjà compliqué, donc en temps de crise il faut s'inquiéter.

Cela pénalisera notamment les jeunes venant et les coureurs en fin de contrat qui ont près de 35 ans. Ils seront les premiers à sauter, ce qui est particulièrement injuste car les coureurs seront mis de côté sans pouvoir se calibrer sur la route.

Madeleine Malonga: «Bug, je ne ferai rien aujourd'hui! "

Madeleine Malonga dit vouloir «rester positive et militante».
Madeleine Malonga dit vouloir «rester positive et militante». CHARLY TRIBALLEAU / AFP

MADELEINE MALONGA, 26 ANS, EST CHAMPION DU MONDE DE JUDO DANS LA CATÉGORIE 78 KG.

La semaine dernière a été difficile, surtout du lundi au mercredi. Motivation perdue: "Bravo, je ne fais rien aujourd'hui!" " Il m'est rare d'avoir une mauvaise humeur, et là j'ai trente minutes quand je me réveille quand je suis un peu dans l'appartement. Le week-end a été meilleur car je me sens moins coupable: je pense toujours qu'il est moins important de ne pas être actif.

Dans ces circonstances, regarder un programme télévisé comme «Koh-Lanta» devient un petit plaisir. Pour interrompre cela, j'ai commencé à regarder Instagram avec une formation sportive quotidienne d'un de mes collègues de club.

En ce moment, je me rends compte que je dépense tellement en temps normal. J'ai besoin de judo. J'ai donc regardé des vidéos des matchs de mes trois dernières compétitions: tournois (ville internationale) de Paris, mon vainqueur vainqueur en Chine et mon renouvellement à Abu Dhabi (Emirats Arabes Unis). J'ai suivi mon attitude, la façon dont j'ai renversé mes rivaux. Dans mon combat perdu à Qingdao, j'ai réalisé au premier tour contre le yoon sud-coréen que j'étais trop passif, pas assez agressif ou assez rapide. Nous nous sentons fatigués de la dernière compétition de l'année.

J'essaie de suivre l'actualité, mais je dois dire que cela me stresse. Je ne veux pas bondir sur des choses qui n'ont pas encore été dites, ni faire dix mille hypothèses pour rien.

Pour le reste, je ne pense pas encore à la décontinence. À la fin de chaque journée, nous n'avons jamais été aussi près de la fin. C'est une phrase que je n'arrête pas de répéter: qu'il s'agisse d'un concours, d'une formation ou d'un stage. Nous devons rester positifs et militants.

Antoine Dupont: "J'ai revu la finale du dernier championnat."

Le joueur de rugby Antoine Dupont, chez son frère à Castelnau-Magnoac (Hautes-Pyrénées), en mars.
Le joueur de rugby Antoine Dupont, chez son frère à Castelnau-Magnoac (Hautes-Pyrénées), en mars.

ANTOINE DUPONT, 23 ANS, BLUE MELÉE FIELD, LE CHAMPION DE RUGBY DE FRANCE EST AU STADIUM DE TOULOUSAIN.

Il est maintenant temps de redémarrer. À la télévision, j'ai vu les meilleurs moments de la finale de l'année dernière. C'est mon premier champion de France, une sensation de bonheur absolu.

Normalement, lorsque je termine le jeu, je revois mes actions le soir même ou le lendemain pour mieux les analyser. Mais dans cette finale, je ne me souvenais pas l'avoir vu jusque-là. Glisser sur le ventre dans le vestiaire du Stade de France, ou rouler à Toulouse en petit train pour les touristes, je m'en souviens!

J'ai également vu la demi-finale de la Coupe du monde Toulouse-Agen 2003 sur Internet. J'aime regarder ces vieux jeux. Autre rugby: la défense était beaucoup moins organisée, beaucoup moins structurée qu'aujourd'hui. En trois secondes, les Scrums revenaient dangereusement.

Plus tôt ce mois-ci, le club nous a également envoyé les dernières vidéos. Rapports de match Ulster, station par station, pour gagner du temps en cas de renouvellement de la coupe d'Europe.

Nous ne savons toujours pas si les concours continueront, et si oui, quand. La solution idéale pour satisfaire tout le monde, il n'y a pas …

Sinon, j'ai récemment terminé un livre de Jean-Paul Duboise ((Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même manière, Édition Olivier, 2019). L'auteur était un fan de rugby et a donné aux deux personnages les noms des joueurs. Dans le bâtiment du conteur, l'homme s'appelle Kieran Read et Aldegheri apparaît également brièvement.

Moi, qui n'est pas forcément un lecteur assidu, j'ai trouvé une histoire accrocheuse, qui lit assez facilement et je ne sais pas si je dois la dire, ça finit bien tristement.

Un autre livre? Je vais essayer de résoudre un autre cadeau reçu pour Noël: un livre sur le travail de l'artiste américain Jean-Michel Basquiat. J'ai déjà regardé le documentaire à ce sujet, alors ça a commencé. Lorsque Yoann Maestri avait encore sa galerie de peinture à Toulouse, je lui avais déjà rendu visite lors d'expositions que j'aimais.

Pour son approche mentale de haut niveau, je continuerais à lire l'autobiographie de Rafael Nadal, mais je l'ai laissé à Marcoussis quand j'ai quitté le XV France en mars après une blessure à l'épaule en un mois.

"Nous devons nous soucier de l'avenir."
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